Lisbonne (Lisboa pour les intimes)

Bon, je galère pas mal avec cet article. C’est la troisième fois que je le recommence. Comment expliquer factuellement et objectivement pourquoi cette ville est pourrie ?

 

Ok, c’était pas hyper objectif… Reprenons depuis la début.

 

Je suis arrivé à Lisbonne un beau matin de janvier. Après une nuit de bus, ma foi, plutôt agréable, j’allais découvrir une ville que j’attendais depuis plus d’un mois. En effet, avant même de rentrer en Europe, j’y pensais déjà : la première capitale de mon voyage. Dans ma tête, elle était pleine de petites rues encadrées par de jolies immeubles et maisons de tout pleins de couleurs vives. Disons que, après Florence, en Italie, c’était probablement la ville que j’attendais le plus.

 

Peut-être bien que mon erreur était là…

 

En descendant du bus, un peu avant 8h du matin, je regarde où se trouve le Airbnb que Martin a réservé pour nous. Il se trouve à un peu plus de 7km de là, en suivant la côte. C’est un peu loin, mais comme je ne peux pas y entrer avant 14h, je décide d’y aller à pied en longeant les quais. En arrivant au bord de l’eau, la beauté du levé de soleil me frappe. Je m’arrête quelques instants pour observer la baie, les pécheurs et les joggers. Je prends quelques photos.

 

 

 

Après une petite heure, je reprends la marche. Il fait assez chaud, la vue est appréciable et je pense au toit que j’aurai bientôt au-dessus de la tête, c’est donc un plutôt bon moment. Malgré les nombreuses et longues pauses que je prends, j’arrive devant l’appartement aux alentours de 11h30. Je dois donc attendre encore 2h30 avant de pouvoir prendre une douche et manger un morceau. J’irai bien visiter le quartier qui a l’air tout à fait charmant, mais je suis encore un peu fatigué de la période de la loose, et j’ai déjà marché deux heures avec mon gros sac sur le dos, alors je décide d’attendre devant une église, à deux pas de l’appartement.

Jusque là, je n’ai pas vu grand chose de la ville. Mon trajet m’a fait traverser une grosse zone industrielle et je n’ai marché que 500 mètres dans mon quartier avant d’arriver à l’appartement. Tout ce que j’ai pu observer jusque là, c’est  plein de petites rues qui montent et qui descendent dans tout les sens, tout ce que j’aime ! J’ai hâte de découvrir tout ça dans les jours qui viennent.

Le lendemain, nous quittons l’appartement vers 14h pour visiter le quartier. Très vite, nous avons le même sentiment : la ville est de type “plutôt bof”… C’est tout gris, tout délabré, les maisons colorés que l’on voit sur les photos sont en fait assez rares. Quand on en trouve, la peinture est souvent abimée, terne. Beaucoup de maisons sont couvertes de carreaux dit “de salle de bain”. Nous sommes même impressionnés par la quantité de motifs différents, et surtout par leurs capacité à être presque systématiquement assez laid, à tel point qu’ils défient probablement les lois de probabilité les plus élémentaires.

En effet, en prenant en compte le nombre de maisons décorées de cette manière, et le fait qu’un couple (motif, couleur) ne se répète jamais (ou à une fréquence négligeable), quelle était la probabilité que tous soient moche ?

Ce phénomène nous a impressionné au point où Martin a commencé un album photo nommé “Les carreaux moches de Lisbonne“. Et qu’il l’a rempli à une vitesse incroyable !

 

Bref, arrêtons nous là pour les carreaux, ma mère m’a toujours dit de ne pas taper sur les handicapés.

 

Enfin non, elle ne l’a jamais dit, mais c’était probablement une part implicite de mon éducation… Probablement.

 

En rentrant de notre première sortie, et pendant les quelques-unes qui ont suivit, nous nous sommes posé plusieurs fois la même question : pourquoi sommes nous si déçu ? Il y a plusieurs raisons.

  • Internet est un charlatan

Bon ce n’est pas nouveau, mais j’avoue que cette fois, je me suis fait avoir comme un bleu. Les photos de Lisbonne que l’on peut trouver sur Internet ne sont pas très honnêtes. Par exemple, en tapant “Lisbonne” sur votre navigateur préféré (pas Google, par exemple), on peut tomber là-dessus :

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Voilà, donc cette photo est un énorme mensonge tout droit sorti de Photoshop. Ces couleurs n’existent pas, en particulier l’immeuble bleu au milieu de la photo. La plupart des bâtiments ne sont pas jaune comme on pourrait le croire, mais gris ou blanc, et les quelques couleurs qui tentent d’illuminer le tout sont assez ternes.

  • La mémoire/vue sélective

On conviendra que la vue sélective n’est pas un terme vraiment connue… Peut être même qu’il n’existe pas du tout. Mais parler de mémoire ici n’est pas tout à fait juste non plus. En essayant de trouver un entre-deux, je suis tombé sur “Mémue“, “Vémoire” ou encore “Vémure“. C’était pas ouf…

Bref, le deuxième problème, qui vient également d’Internet est que, lorsque que j’ai vérifié que ma première destination était un bon choix, je voulais qu’elle le soit. Cet état d’esprit en tête, couplé à notre vision qui est attirée par les couleurs vives, j’ai donc été abusé par certains clichés. En voilà un exemple :

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Oh c’est cool leur joli tram, en plus il est jaune-joli et c’est des petites rues jolis comme je les aimes. Chouette !

PAUVRE NAÏF. 

On le voit bien sur cette photo que c’est toutgristoutpourri ! La photo est en fait surtout pleine de soleil, ce qui nous amène à notre troisième point qui porte le nom un peu long de :

  • Les mecs qui habitent dans des villes pourris et qui disent en été c’est sympa, comment ça put la merde mon gars ! Mais c’est logique ! En été tout est sympa !

Whoua… C’était un peu plus qu’un peu long. Mais explicite :  Lisbonne, c’est une ville d’été. Dès qu’il y a un petit rayon de soleil, les couleurs sont plus vives, on en oublierai presque les fissures qui les parcourent ! Les petites rues sont faites pour être parcourues en tongues, les places pour être inondés de touristes… Et surtout, le minuscule appartement dans lequel nous avons rapidement prit une posture de troglodyte pour ne pas nous ouvrir le crane dans chaque chambranle de porte, n’est certainement pas fait pour être habité 23 heures par jours. Voire 24…

Mais nous avons choisi l’hiver. Mieux que ça, nous avons choisi la semaine la plus pluvieuse des trente dernières années (j’ai pas vérifié, mais ça ne fait aucun doute). Et sortir visiter une ville qui ne nous séduit déjà pas beaucoup, quand en plus on vous verse l’équivalent de dizaines de pétroliers de flotte sur la tête, bah ça vend pas du rêve.

Alors on a quasiment passé la semaine à glander, moi sur le canapé, lui assis à la table. On a regardé quelques films, on a bien rigolé, on a parlé avenir, boulot, jeux vidéos, passé, école, diplôme, voyages, vacances, projets. On a même regardé les plus grands youtubers français massacrer Roméo et Juliette. C’était fun hein. Mais on aurait aussi bien pu le faire chez Martin, à Paris…

 

 

 

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