L’étape San Sebastian

Ou étape de la lose (avec un seul o (militez pour la lose à un o !))

 

Le 27 janvier, je suis enfin arrivé à Lisbonne. Mais le trajet n’a pas été de tout repos. En fait, j’ai presque vécu comme un sans abri pendant une cinquantaine d’heure, et je ne vous le conseille pas ! Mais reprenons depuis le début.

J’ai quitté Bordeaux aux alentours de 11h et j’ai atteint l’Espagne vers 16h30, toute cette partie s’est assez bien déroulée. Mon plan pour la suite était de trouver un camionneur portugais sur une aire d’autoroute pour pouvoir filer vers le sud. Malheureusement, j’ai été confronté à un problème que je n’avais,  naïvement, pas vu venir.

 

Lorsque j’étais en Amérique latine, je m’étais dis que personne n’y parlait anglais parce qu’ils n’en avaient pas réellement besoin : tout les pays du continent parlent espagnol, à l’exception du Brésil : la majorité des touristes parlent donc déjà la langue.En Europe, ça serait différent : avec la myriade de langues distribués sur le territoire, tout le monde parlerai un minimum anglais.

 

MAIS NON. Pas les camionneurs. Ils en ont rien à foutre. Ils ne parlent pas un mot d’anglais.

 

Du coup, quand il s’agit de communiquer, je baragouine un peu d’espagnol, ça passe… Mais quand il me répond, je suis complètement perdu. Après quelques essais infructueux, je me suis rendu à l’évidence :

 

C’est la merde.

 

Il commençait à faire nuit, il pleuvait des cordes, je n’avais vraiment pas envie de passer la nuit dans cette station essence… J’ai donc décidé de faire une pause à San Sebastian, à 10 km de là, pour la nuit.

 

Un autre problème me trottait dans la tête depuis quelques heures : mon pote Martin devait me rejoindre à Lisbonne le dimanche soir. En prenant en compte le ralentissement qu’impliquait la barrière de langage, j’allais être très short pour rejoindre la ville avant qu’il arrive… J’ai donc décidé d’enfreindre ma règle principale : il fallait que je prenne un bus.

 

J’ai été très content de trouver un bus à 20€ qui partait le lendemain soir de San Sebastian. Mais je fut immédiatement déçu quand je m’aperçus que je n’avais plus que 5€ sur mon compte… sans autorisation de découvert. AH BAH OUI. EVIDEMMENT.

 

Je m’étais fixé comme règle de ne pas dépasser les 100€ de budget par semaine. La première semaine s’était parfaitement déroulée, et j’avais fait un virement pour la deuxième semaine le vendredi. Sans prendre en compte le temps de la transaction. Ni le week-end.

 

Je n’avais donc que les 5€ sur mon compte et les 14€ en poche pour passer tout le week-end. Un bon plan.

 

J’ai réglé le problème du bus en appelant ma soeur à l’aide qui a payé pour moi. Bon… Quand même déçu de demander de l’aide aussi vite dans le voyage…

 

En parallèle, je cherchais frénétiquement un Couchsurfing qui pourrait m’accueillir. Plus le temps passait, plus les refus s’accumulaient, plus je voyais ma maigre fortune partir dans une auberge de jeunesse. C’était pas le moment le plus chouette.

 

Je me suis donc rendu dans cette auberge, où j’ai payé 14€ pour avoir un lit dans un dortoir, et passer une terrible nuit, notamment dû aux deux mecs bourrés qui sont entrés en gueulant à trois heures du mat’…

 

BREEEEF. Il ne me restait donc plus que 4€82 jusqu’à ce que je retrouve Martin, le lendemain soir. J’ai donc passé la journée, épuisé, à déambuler dans San Sebastian, en mangeant les quelques provisions qu’il me restait dans mon sac. Je suis allé voir une sculpture, apparement LE spot à ne pas manquer de la ville.

Voiiilà. Je vous l’ai mis en très grand pour que vous puissiez voir à quel point c’était de la grosse merde. Trois bouts de ferrailles rouillés qui se battent en duel au bord d’un rocher.

 

J’aime pas cette ville.

 

C’est après quatre heures de déambulage que l’idée m’ai venu.

Mais… les médiathèques… c’est gratuit… Et ça peut être ouvert le samedi… Mais… Je pourrais m’y réchauffer ! Mieux ! Je pourrais travailler sur mon blog !

 

Ni une, ni trois (sisi, c’est comme ça qu’on dit), je cherche sur l’Internet mondial ! Il y en a une dans le centre qui ouvre à 16h30. Bon, j’ai quelques heures à attendre mais je ne mourrai pas dans le froid !

 

A partir de cet instant, je ne vivais que pour les livres. Mon âme était littérature. Je priais Notre Dame des Saints Bouquins pour avoir apporté cette création aux Hommes. J’ai pu passer trois heures, au chaud, sur mon site… C’était un moment chouette.

 

Mais j’avais faim.

 

Et j’en avais vraiment marre de bouffer des graines.

 

En sortant de là, j’ai donc cherché un endroit pour dépenser mes derniers deniers. A la gare, un petit stand vendait des Empanadas : joie ! Ce plat typiquement bolivien que j’adore ! Mais alors que je vais pour payer par carte, car c’est tout ce que j’ai, la vendeuse me montre une petite pancarte restée invisible jusque là :

 

Pas de carte en dessous de 5€

 

 

RAAAAAAAAAAAH

 

Bon bah… au revoir madame.

 

Et je me suis éloigné vers mon bus avec mes 4€82…

 

Epilogue

Finalement, le mouton trouva un magasin un peu plus loin, où il pu acheter une baguette de pain à 48 centimes, un saucisson à 1€75 et un peu de fromage pour 1€25. Le vendeur était gentil et parlait français. C’est avec son maigre repas que notre protagoniste se dirigea vers la plateforme de bus. Malgré l’expérience difficile qu’il venait de traverser, il était heureux : cet homme au franc parlé lui avait redonné espoir. Il apprendrait de ses erreurs.

2 Replies to “L’étape San Sebastian”

  1. Je suis pleine de compassion pour toi… 😅Je relève une phrase “un peu déçu de demander de l’aide si vite dans le voyage”. Je comprend ce que tu ressens, néanmoins il me semble normal d’avoir besoin d’aide au début de ton périple où tu dois, comme tu dis, apprendre de tes erreurs. Compte tenu que c’est le début, il faut le temps que tout s’accorde….
    Allez Mouton ! Amuse toi bien à Lisbonne et ailleurs !

  2. Vive les frangines !

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