J’aime les gens

Comme je l’ai dis précédemment, le début de ce voyage me stressait un peu. Juste un shouia. Ma plus grosse angoisse, ce n’était pas de me retrouver en bord de route, sous la pluie pendant des heures, le pouce levé. C’était de ne pas réussir à partir. Et si personne ne voulait me prendre en stop ? Et si je faisais trop confiance à l’humain ?

C’est avec cette pensée que j’ai quitté ma maison, samedi 19 janvier, vers 13h. Après vingt minutes de marche, j’arrive au point que j’ai choisi pour commencer à chercher une voiture. Un feu tricolore sur une nationale que je connais très bien. Mes cartons sont près dans mon sac. Je prends une petite. photo, pour la forme, et je lève le pouce avec mon premier panneau, tout en remontant la rangée de voiture.

 

30 secondes.

 

C’est le temps qu’il m’a fallu pour trouver une voiture. J’ai passé six ou sept voitures. Certains on refusé par principe, d’autre ne m’ont pas regardé, une était déjà complètement remplie. Puis j’arrive à ce gars qui rentre du travail.

 

Tu vas vers Chartres ? Je t’emmène !

Autant vous dire que tout stress a instantanément disparu. Le feu n’a eu le temps de passer qu’une fois au vert que j’étais déjà en train de filer vers le sud-ouest. Après 30 minutes, le gars me dépose à l’entrée de l’autoroute qui va vers Le Mans/Tours. Rapidement, je vois que très peu de voiture passent par là. Mais au loin, un rond-point me fait de l’oeil… Il indique également une direction Le Mans/Tours, et beaucoup de voiture l’emprunte.

 

Je commence donc à marcher dans sa direction. Après seulement 150 mètres, une voiture me voyant marcher au bord de la route avec mon énorme sac s’arrête et me propose de me déposer en ville. Trop gentil. Mais je ne vais pas en ville, je vais seulement au rond-point. Je les remercie 1000 fois (j’ai compté) et ils repartent.

 

Arrivé au rond-point, que je partage avec les gilets jaunes, je sors mon carton suivant, indiquant Tours et je le lève. Un gilet me propose un café et je suis sur le point d’accepter quand une voiture s’arrête à côté de moi.

 

1 minute.

 

Je vais à Tours !


C’est à Tours que le stress est légèrement revenu. Je galère pas mal : à cette heure là, tout les gens qui passent rentre chez eux, en ville. Finalement, il commence à pleuvoir. C’est après un peu plus de deux heures qu’une voiture accepte de m’emmener jusqu’à Poitiers. En discutant un peu dans la voiture, le gars m’explique que l’air d’autoroute qui se trouve juste avant Poitiers sera parfaite pour moi : d’après son neveu qui y a travaillé, la plupart des voitures qui s’arrêtent là filent font le plein d’essence pour descendre jusqu’à Bordeaux.

 

Sur place, le gars me souhaite bonne chance et me dit qu’il va prendre un café. J’observe le parking complètement desert, et cherche des yeux un endroit pour poser mon hamac. Après tout, je ne suis pas pressé. A peine ai-je le temps de formuler cette idée qu’une voiture entre sur le parking. Deux minutes plus tard, ses occupants accepteront de m’emmener jusqu’à la gare Saint Jean, à Bordeaux.

 

J’ai réussi.


MAIIIIIISMaismais, ce serait trop simple si la journée s’arrêtait là dessus.

Avant de raconter la suite, je vais revenir une semaine plus tôt. Prévoyant, j’envoie ma première demande couchsurfing à un gars, sur Bordeaux, qui propose son canapé. Je lui précise que, venant en stop, je ne suis pas sûr de la date d’arrivé, entre le samedi et le dimanche, mais il me dit qu’il n’y a pas de soucis.

Dans l’après midi du samedi, il m’envoi un message sur l’application pour me donner son numéro et me préciser qu’il ne sera pas dispo avant 22h30 car il travaille. Toute l’après-midi, je le tiens au courant de mon avancé, pour finalement annoncé mon heure d’arrivée.

A 22h00, à la gare, je me pose et décide d’attendre 22h30/40 pour me manifester.

22h30 arrive, j’attends de ses nouvelles.

 

22h40…

22h45, j’envoie un message.

22h50… devient 23h…

Boah, ça ira 🙃

23h15 : 🤨
23h16 : 🤔
23h17 : 😐
23h18 : 😟
23h19: 😞

 

Là je me dis que je vais vraiment passer la nuit dehors… Alors je prends mon téléphone et j’envoie le même message à tout les coachsurfing de Bordeaux.

 

5 minutes.

 

Elle m’a empêché de passer la nuit dehors. Trop sympa.

La journée aurait difficilement pu se passer mieux.

 

Bref, j’adore les gens.

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