La guerrière aux courtes pattes

La Guerrière aux courtes pattes a été écrit dans le cadre d’une campagne jouée sur le jeu Dragons. Ce jeu, édité par Les Éditions Agathe, propose un univers de médiéval fantasy ainsi qu’un ensemble de règles permettant, notamment, d’adopter une ambiance low fantasy (c’est à dire avec très peu de magie et très noire).
J’ai écris cette nouvelle pour le personnage de l’une de mes joueuses. Préférant jouer un personnage existant sans se casser la tête sur la création de personnage, elle m’a demandé de m’en occuper, en me donnant pour seule consigne de choisir la classe Guerrier.
J’ai donc écrit l’histoire de ce personnage, avant la campagne, en m’imposant les handicaps suivants (pour l’exercice) :

  • Une unique ligne de dialogue par chapitre,
  • Le genre de guerrier auquel on ne s’attend pas.Bonne lecture !
    PS : Je demande à mes joueurs, s’ils passent par là, de ne pas lire ce qui suit, pour cause de spoil sur le perso de Razzel (Drov, Pandat, Vena).

Chapitre 1 : La vie et la mort

C’est au matin d’un des hivers les plus froids que les Terres d’Osgild ai connu, que Neddi accoucha, sous le doux soleil du Désert de Tanith. Autour d’elle, sa tribu s’agite. A ses côtés, la jeune Lavinia éponge le front couvert de sueur de la nouvelle mère. Celle-ci chuchote un nom, celui que la petite halfeline portera : Dofa. Dofa VerteVille. Soudainement, Lavinia se retourne pour planter son poignard droit dans le cœur d’un homme immense qui s’apprêtait à l’embrocher. On ne choisit pas quand on accouche. Si ça arrive pendant l’attaque d’une bande de pillards affamés cherchant un peu de chaleur dans les pays sud, on fait avec. Autour des deux femmes, c’est une dizaine d’halfelins qui se battent avec acharnement contre des hommes, créatures deux fois plus grandes qu’eux. Là où ses brutes utilisent la force, les premiers préfèrent se faufiler pour atteindre les parties les moins protégées de leurs adversaires.

Quand l’homme s’effondre devant Lavinia, elle aperçoit derrière lui Wellby, son frère, tomber sous le coup effroyable de la montagne de muscle qui lui servait d’adversaire. Horrifiée, elle se précipite vers lui. L’homme l’observe courir vers lui d’un regard amusé. Qu’espère-t-elle avec ses 60 centimètres et sa minuscule dague pointée vers lui ? Le regard passe alors à “intrigué” quand un mécanisme semble se déclencher derrière la dague, au niveau du poignet, puis à stupéfait quand un carreau d’arbalète vient se ficher entre ses yeux. Lavinia bondit sur lui pour l’empêcher de s’effondrer sur son frère. Mais il est trop tard : quand elle prend ce dernier dans ses bras, son corps est déjà mou, son regard déjà vide. La masse d’arme de l’humain lui a défoncé, d’un unique coup, l’épaule gauche pour s’enfoncer jusqu’au sternum. Un cri provenant du plus profond de ses tripes traverse le champ de bataille, transperçant chacun des combattants. Tout semble s’arrêter pendant un instant. Puis, les humains, apercevant le corps de celui devant être leur chef, décident d’un accord muet de prendre la fuite.

L’adrénaline redescendue, le regard des halfelins se pose enfin autour d’eux : les pertes humaines sont bien supérieures, mais plusieurs de leurs frères gisent sans vie. On commence alors à s’occuper des morts ainsi que de la nouvelle mère. La main ensanglantée d’Osborn, le père de Dofa se pose sur l’épaule secouée par les sanglots de Lavinia.

Tu as sauvé mon épouse et ma fille, tu peux me considérer comme ton père désormais.

Chapitre 2 : La lame et le sable

Pendant quelques années, Lavinia arrêta d’animer les soirées de sa voix et de ses différents instruments. Mais dès que la petite Dofa fut en âge de la tanner nuit et jour pour entendre ses chansons tant encensées par ses ainés, la barde céda rapidement et repris sa lyre en main. Avec la musique, la joie de vivre revint. Si elle avait sauvé cette petite d’un coup d’épée, cette dernière la sauvait maintenant des pensées les plus sombres à coup de sourires et de rires clairs et éclatants.

La phrase, prononcée par le chef de clan, resta ancrée à vie dans l’esprit et le cœur de la jeune Lavinia. Pendant des années, elle participa à l’éducation de Dofa. Avec le clan nomade VerteVille, les deux halfelines traversèrent le Désert de Tanith de part en part, quelques fois à pied, d’autre fois à bord des grandes voiles, gigantesques bateaux terrestres filant à toute allure au gré des vents. Pendant ces traversées, la barde racontait à Dofa toutes les histoires qu’elle connaissait. A 9 ans, la petite les connaissait presque toute par cœur : comment les nains avaient combattu des hordes de gobelins menés par un clan Duergar, les nains les plus maléfiques. Comment ses propres grands-parents avaient dû quitter leur ville natale, située bien plus au sud, car les tempêtes de sable du Tanith menaçaient de plus en plus la VerteVille. Et enfin, comment les Terres d’Osgild, où ses parents refusaient de mettre les pieds, étaient magnifiques et pleines de promesses. Chaque soir, elles se retrouvaient soit autour du feu avec la tribu, soit à l’écart, derrière un rocher, une dune ou au sommet d’un mat, pour que l’une avale les paroles de l’autre, demandant précision sur précision, souvent jusqu’à très tard dans la nuit.

Dès qu’elle eu la force de tenir une épée en main, Osborn commença l’apprentissage de base des VerteVille. La tribu est un ensemble indissociable : chaque membre est responsable de la sécurité de tout les autres. On apprend donc à tous les enfants à se défendre, et ce, au plus jeune âge. Douée d’une dextérité hors norme couplée à une audace surprenante, Dofa se montra vite très adroite au combat. Mais la méthode de son père, très noble et pleine de règles ne lui convenait pas. Elle préférait plutôt improviser avec son environnement, détourner l’attention de son adversaire pour porter des coups inattendus. Osborn la réprimandait systématiquement : un combattant VerteVille doit respecter son adversaire, même si son devoir envers la tribu le pousse à porter un coup fatal. Dofa écoutait, puis partait sans dire un mot. Et elle recommençait ses singeries à l’entrainement suivant. Malgré tout ses efforts, elle ne parvenait jamais à percer la défense de son père, ce qui la frustrait d’autant plus.

L’année de ses quinze ans, la tribu eu assez de fonds pour acheter une grande voile. Sa technique gagna considérablement en efficacité : là où elle n’avait à disposition que du sable ou quelques pierres à jeter sur son entraineur, elle se retrouvait maintenant au milieu d’un océan de cordages, de tonneaux et de filets. C’est au troisième entrainement que tout changea. Son père venait de repousser son quatrième assaut, quand le pied de l’halfeline se posa sur une bouteille qui roulait sur le pont. Deux possibilités s’offrir à elle : tomber au sol, à sa droite, offrant une nouvelle fois la victoire à son père, ou tomber dans le vide, à sa gauche, et voir ce qui se passerai. En poussant un cri, elle bascula par-dessus bord. Horrifié, son père se précipita contre le bastingage et chercha des yeux le corps de sa fille qui avait dû s’écraser sur le sable, une dizaine de mètres plus bas, et surtout des centaines de mètres derrière le véhicule qui filait à travers le désert. Alors qu’il avait déjà perdu tout espoir, une lame se posa contre sa gorge. Dofa s’était rattrapée aux cordages extérieurs et avait discrètement rejoint son père pour finalement gagner son premier combat. Après avoir aidé sa fille à repasser sur le pont, il était parti s’allonger dans la cale, sans rien dire. Allongé dans son hamac, il ne pouvait que songer à la phrase qu’elle avait prononcé en escaladant le parapet.

Tu penses que Lavinia devrait respecter l’homme qui a tué son frère ?

Chapitre 3 : Au gré des vents

La relation entre le père et la fille changea radicalement après cet épisode. Pendant leur entrainements, l’ainé ne critiquait plus les méthodes de son élève. Chacun tentait de prouver que la sienne était la meilleure. Les victoires étaient maintenant partagées. Dofa était convaincu que jeter une barrique d’eau au visage de son père pour l’enlacer à la taille et le plaquer au sol n’entachait en rien le respect qu’elle avait pour lui. De son côté, il préférait désarmer sa fille d’un habile mouvement de poignet pour placer la pointe de sa rapière sur sa jugulaire. A la fin de chaque combat, le vaincu félicitait le vainqueur, et il repartait chacun de leur côté, vaquant à leurs occupations. Osborn, nommé capitaine de l’embarcation par la tribu, s’occupait de diriger ses amis, alors que Dofa rejoignait sa sœur adoptive pour l’aider dans les tâches quotidiennes qu’impliquait ce nouveau style de vie. Elle lui parlait beaucoup de son père, de sa relation, de ses doutes quant à l’éducation qu’il lui donnait.

Il lui arrivait aussi de parler de sa mère avec qui elle avait une relation complètement différente. C’est elle qui lui apprit à se repérer avec pour seule aide les étoiles, à trouver de quoi se nourrir, de quoi boire, au sein des territoires les plus arides, et surtout à diriger la grande voile, seule. Sa mère était très respectée de la tribu. Elle était tombée amoureuse d’Osborn quand elle l’avait rencontré, à Port-Sable. Elle était à l’époque guide pour les personnes qui voulait traverser le Désert de Tanith. La meilleure de la ville. Seules elle et sa sœur étaient alors capable de manœuvrer une grande voile seule. Les meilleurs guides pouvaient se débrouiller à deux, mais la plupart des équipages comptaient un minimum de quatre personnes. Une vitesse d’exécution hors norme combinée à une maitrise de la haute voltige lui permettait de gérer toutes les tâches en même temps. Elle avait quitté son travail et ses quelques amis pour suivre Osborn et les VerteVilles.

Quand la tribu acquis la grande voile, elle emmena immédiatement sa fille dans le plus haut nid-de-pie, lui accrocha une corde autour de la taille, et lui ordonna de sauter pour attraper une écoute, dix mètres plus bas. Dofa lui lança un regard étonné, détacha la corde d’assurage, et obéit. Toute la tribu la vit prendre son envol, flotter dans les airs une seconde, pour retomber gracieusement à travers une nuée de cordages et de voiles. Après une chute qui parut une éternité à tout le monde, elle attrapa d’une main l’écoute sous l’acclamation tonitruante de sa tribu. Alors qu’elle commençait à se balancer au bout de sa corde, son regard croisa celui de sa mère, fière, et un rire éclatant surgit de sa gorge. Jamais elle n’avait ressenti ce sentiment de liberté.

À la suite de cet exploit, Neddi lui apprit toutes les ficelles de la conduite de grande voile. Dofa ne comprit jamais la difficulté que les autres avaient à conduire seul le navire. Tout semblait naturel pour elle. L’audace qui lui permit de vaincre son père au combat lui autorisait les plus belles pirouettes, même à plus de quinze mètres au-dessus du pont. Quand elle suivait les cheveux roux éclatant de sa mère, passant d’une plateforme à une autre en attrapant une corde ou en se laissant glisser au creux d’une voile, elle se sentait hors du monde, hors du temps, libre.

C’est en expliquant cette sensation à Lavinia que l’idée lui vint en tête. Elles étaient toute deux allongées dans le même hamac, perchée au plus haut qu’elle le pouvait, là où les cordages ne gâchait plus la splendide vue de la voute céleste. Après une longue conversation, elles partageaient un moment de silence, les yeux grands ouvert. Dofa avait dix-neuf ans depuis une semaine, Lavinia trente et un.

Une question transperça la nuit.

Dis moi Lavinia, tu n’aimerais pas revoir tes parents ?

Chapitre 4 : L’appel du nord

La question des parents de Lavinia n’avait été que très peu évoquée. Dofa savait seulement qu’ils avaient décidé de quitter la tribu lors d’une visite de Port-Sable, plusieurs années avant sa propre naissance. Ils avaient laissé leurs enfants à la tribu, leur donnant rendez-vous 600 jours plus tard au même point. S’ils trouvaient un lieu pour rebâtir la VerteVille, toute la tribu les suivrait au nord. Sinon, ils continueraient à marcher sur les dunes du Tanith. 600 jours plus tard, la tribu était au rendez-vous, mais les parents de Lavinia ne vinrent jamais. Personne ne réussit à trouver la moindre information sur eux. Une seule chose semblait sûre : vivant ou mort, ils se trouvaient au nord.

Lavinia ne leur en voulait pas vraiment, elle savait que leur intention était d’aider la tribu, de trouver une solution durable. A chacune de leurs visites de Port-Sable, elle se rendait au point de rendez-vous, la Petite voile, une charmante taverne à deux pas du chantier de grandes voiles. Les premières années, quelques membres du clan l’accompagnaient, espérant retrouver leurs amis, mais rapidement, elle se retrouva seule. C’est lors de ces visites qu’elle apprit l’art de la parole, en découvrant les contes de la somptueuse Idril Ar-Feinel. La barde elfe avait eu beaucoup de succès en arrivant dans la région, elle avait donc décidé de s’installer de façon durable à la Petite voile. Lavinia, émerveillée par ses histoires, décida d’aller lui parler lors de la deuxième représentation à laquelle elle assista. Elles devinrent immédiatement amies, puis maitre et apprentie. L’halfeline resta une saison entière aux côtés de l’elfe, promettant à son frère qu’elle rejoindrait la tribu à son prochain passage. Un an plus tard, elle tenu sa promesse, en promettant cette fois à son amie qu’elle passerait la voir à chacune de ses visites. A seulement 10 ans, elle connaissait déjà un nombre impressionnant de contes et d’histoires et elle avait appris à en concevoir de nouveaux. Quand elle pensait à ses parents, elle avait le sentiment qu’ils l’avaient guidé vers cette femme, pour lui permettre de découvrir sa passion.

Elle avait perdu tout espoir de les revoir depuis longtemps quand Dofa vit le jour. Depuis ce jour, elle avait même de nouveaux parents et une sœur. Jamais elle n’oubliera son ancienne famille, mais elle ne les reverrait plus, elle devait faire avec. Sa nouvelle famille lui convenait. Quand elle retournait à la Petite voile, c’était maintenant pour rencontrer Idril, elle n’avait plus envie de retrouver ses parents.

Jusqu’à cette soirée. La grande voile était à l’arrêt, au creux d’une immense dune. Une brise se leva, soulevant et emmêlant les cheveux blancs des sœurs. Une larme coula.

Si.

Chapitre 5 : Recherche à Osgild

Dofa réfléchissait au sommet d’une tour de garde. Elle était arrivée à Bénastir, principale plateforme commerciale de la région, la veille, avec Lavinia. Cette dernière avait préféré rester à l’auberge pour se reposer. Mais la jeune halfeline ne tenait pas en place. Elle avait besoin de vent. Les grandes voiles sont quasiment absentes des Terres d’Osgild. Les nombreuses forêts et collines de la région rendent la conduite de ces engins dangereuse. Pendant les quatre années de voyage qu’elle avait partagé avec sa sœur, Dofa n’avait pu monter que trois fois sur des grandes embarcations qu’elle appréciait tant. C’est pourquoi en apercevant les multiples tours de Bénastir au loin, reliées entre elles par des dizaines de cordes servant probablement au transport de marchandises, elle avait eu un sursaut de joie. De là-haut, elle pourrait parler avec le vent, le sentir dans ces cheveux, le laisser la bercer. A peine arrivée, elle avait escaladé une des plus hautes tours pour se percher au-dessus du vide, les bras écartés. Elle se sentait bien. Mais une question lui restait en tête, elle semblait flotter devant elle, comme si les lettres étaient matérielles : Que faire ?

Elles avaient traversé tout l’ouest du pays plusieurs fois, à la recherche du moindre indice sur les parents de Lavinia, sans rien trouver. De Valastir à Hauterive, en passant par Wyks, elles avaient visité la forêt de Hautesylvestre et traversé les Monts Argentés. Fondsac, Ormile, Fort Coline, Goruz Kal, Pampelonne, Basrivage, Alzet… tant de villages, de bourgs, de hameaux qu’elles avaient traversé. Personne n’avait de réponse satisfaisante. Elles étaient déterminées dans leur recherche, mais la possibilité que les deux halfelins soient morts depuis des années pesait lourd au sein de leurs esprits.

Quelques jours auparavant, Dofa avait reçu un message d’un ami rencontré à Clairval. Elle avait enquêté dans ce village deux ans plus tôt, pendant que Lavinia s’occupait de RiveSûr, un peu plus à l’est. Quand elle avait demandé aux villageois s’ils se souvenaient d’un couple halfelin passé une trentaine d’années plus tôt, ils l’avaient dirigé vers Karoom, le prêtre du village. Elle l’avait trouvé non-loin des habitations, en train de travailler sur un édifice impressionnant : un temple presque terminé, haut d’une quinzaine de mètres. Le détail qui percuta Dofa fut le fait que le nain semblait travailler seul sur son chantier. Quand il la vit, il descendit de son échafaudage et la gratifia d’une solide poignée de main, un sourire éclatant au village. Oubliant quelques instants sa mission, Dofa le bombarda de questions à propos du monument qui se trouvait derrière lui. Ravi de pouvoir parler de son projet, Karoom répondit à chacune d’elles avec précisions, mais fini par se montrer curieux quant à la raison de la visite de la jeune femme. Il ne put malheureusement répondre que par la négative à sa requête. Comme elle avait quelques jours d’avance sur ces plans -elle était sensé retrouver Lavinia à Fourche, au sud-ouest-, elle décida de rester quelques jours pour apprendre à connaître le nain. Elle se fit par ailleurs remarquée à la taverne du village grâce à sa maitrise du conte, puis de ses poings, quand il fallu calmer le vieux Ladius, un peu trop soul.

Au sommet de sa tour, Dofa relu la lettre de Karoom. Il l’invitait, ainsi que sa sœur, à l’inauguration du temple qu’il avait enfin terminé, après trente ans de travail. Lavinia, elle, préférait partir à l’est. Que faire ? Derrière elle, un garde l’interpella : elle n’avait probablement pas le droit d’être ici, sur le chemin de ronde. Elle se laissa basculer dans la ville, percevant à peine le cri du garde, se rattrapa à une poulie trois mètres plus bas. Elle se laissa descendre ainsi jusqu’à une grue qu’elle descendit en vitesse. Quand le garde atteignit la corniche, elle avait déjà disparue dans une sombre ruelle.

En arrivant à l’auberge, elle trouva Lavinia qui l’attendait près du feu. La grande salle était vide. Sa sœur lui expliqua qu’elle avait pris sa décision. Un peu plus tôt dans la soirée, un client de l’auberge avait tiqué quand elle s’était présentée comme une VerteVille. L’homme était déjà passablement ivre, mais il racontât à Lavinia qu’il avait déjà entendu ce nom. Il avait travailler pendant quelques semaines pour un semi-homme dans une auberge appelée VerteVille, dans le port d’Illistar, loin à l’est. Le voyage prendra surement beaucoup de temps, mais si elle réussit à rejoindre cette ville, elle trouvera probablement ceux qu’elle cherche. A ces mots, Dofa poussa un cri de joie et sauta au cou de sa sœur. Celle-ci lui proposa alors d’aller voir son ami, Karoom, puis de la rejoindre à Illistar. De là, elles pourraient rejoindre ensemble la grande voile de leur tribu. La cadette accepta avec un sourire éclatant.

Le lendemain, elle se séparèrent à la sortie de l’auberge. Après une longue étreinte, Lavinia regarda sa sœur, droit dans les yeux.

Dans 600 jours à la VerteVille Dofa, ne m’oublie pas.

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